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Rencontre avec Sully Gabon ingénieur agronome et consultant

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Interview

A.A. : Le projet AgroEcoDiv est-il innovant dans son organisation et sa présentation ?

Sully Gabon : Les processus qui sont mis en œuvre ne sont pas spécialement innovants. En réalité, ces pratiques sont celles que l’on trouvait dans les jardins créoles d’autrefois, et encore aujourd’hui. Ce qui est innovant en revanche, c’est la possibilité de mesurer l’impact de cette mixité de cultures d’un point de vue économique et sociologique.

 

Photo Sully GABON A.A. : A quoi serviront ces données ?

Sully Gabon : Si l’on prend l’exemple de la fertilisation du sol, dans quelques années, nous serons capables de faire une estimation en termes de coûts de rentabilité et de revenus. Et savoir si oui ou non l’agriculteur est bien le grand gagnant dans cette aventure.

A.A : il n’y a aucune initiative similaire sur le territoire ?

Sully Gabon : Je l’ai reproduit à moindre échelle par exemple dans les serres d’insertion à Vieux-Habitants. Mais une fois encore, la grande différence, c’est cette capacité ensuite à en mesurer l’impact agronomique et environnemental.

A.A. : Est ce un système viable ?

Sully Gabon : Sans aucun doute et je connais plusieurs exploitants qui l’ont déjà adopté même à grande échelle. Mais l’évolution est toujours perturbante et là il s’agit d’un changement dans l’approche même de la recherche et du développement. Aujourd’hui, nous disposons de références sur des cultures pures par exemple sur un hectare de concombres, de tomates mais pas sur des associations de culture comme pour AgroEcoDiv.

A.A. : peut-on considérer qu’il s’agit d’un levier supplémentaire dans la quête à l’agriculture « propre »?

Sully Gabon : Utiliser moins de pesticides est une tendance qui se confirme en Guadeloupe au fil des ans. De toute manière, c’est presque un choix imposé lié au fait que la palette de pesticides s’est sensiblement réduite. Mais l’agro écologie fait partie des grandes orientations définies par le ministère de l’Agriculture tout autant que par les chambres d’agriculture. Et ce modèle y entre de plain pied.

Propos recueillis par MFGE

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