14 avril

Pourquoi Saint-François veut-elle sa Zone Agricole Protégée ?

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Le 19 décembre dernier, le conseil municipal de Saint-François a voté à la majorité la création d’une Zone Agricole Protégée (ZAP).

ZAP1Pourquoi avoir choisi cette voie ?

Laurent Bernier : Saint-François est connue comme une ville balnéaire, touristique, avec un positionnement haut de gamme, mais Saint-François c’est aussi et surtout un territoire agricole important en Guadeloupe. Mon grand-père, Lucien Bernier, qui fut président du Conseil départemental, a beaucoup œuvré pour que tout le territoire saint-franciscain bénéficie de l’eau agricole. De plus, la qualité et la propreté de nos terres agricoles font que les produits « made in Saint-François » sont recherchés en Guadeloupe. Il faut donc lire dans cette démarche de création d’une ZAP, une volonté d’affirmer l’identité agricole de Saint-François. L’objectif est de protéger ce patrimoine saint-franciscain de la pression foncière, d’assurer l’avenir des agriculteurs, et en particulier celui des jeunes agriculteurs. Nous allons donc poursuivre la dynamisation de la filière, favoriser le maintien et la création d’emplois agricoles, et enfin valoriser le foncier agricole.

Ne risque-t- on pas d’assister à un déséquilibre entre monde rural et urbain dans une commune qui est l’un des fleurons touristiques de l’île ?
Laurent Bernier : C’est une réflexion que nous avons menée en concertation avec les forces vives du territoire. Pour rappel, la ZAP est, en fait, un outil créé par la Loi d’Orientation Agricole du 9 juillet 1999, et est délimitée par un arrêté préfectoral sur proposition de la ville en concertation avec les acteurs du monde agricole, et suite à une enquête publique. La ZAP  de Saint-François est une partie intégrante du Plan d’Aménagement et de Développement Durable du Plan Local d’Urbanisme de la ville de Saint-François que nous sommes en train de concevoir. L’ambition de ce PLU est de développer l’attractivité de la ville tout en préservant l’équilibre du territoire, entre le monde rural et le côté urbain, ainsi que le mieux vivre ensemble. Pour y parvenir nous allons travailler sur trois axes majeurs qui sont le renforcement du centre ville, le confortement des pôles économiques et principalement de la qualité du cadre de vie et de la mise en valeur des atouts naturels. Saint-François est aussi connu pour son marché de La Rotonde, artisanal et agricole, ainsi que pour son marché aux poissons.

Quelle est votre politique de développement pour ces outils ?

Laurent Bernier : Il s’agit là de deux équipements structurels que mon équipe politique, mon administration et moi-même avons tenu à faire sortir de terre afin que les professionnels de l’agriculture, de l’agro-transformation, de l’artisanat et de la pêche, aient l’opportunité de montrer leur savoir-faire et les produits du terroir. Sur le marché de la Rotonde, du mardi au
dimanche, en journée, nous valorisons les produits de l’artisanat et de l’agro-transformation. C’est un produit d’appel qui plaît beaucoup aux touristes, d’autant plus que nous avons mis en place une stratégie pour recevoir, sur le territoire, des croisiéristes qui dynamisent l’économie de la ville. Le mardi soir, toujours à La Rotonde, nous avons notre marché nocturne particulièrement orienté sur les produits agricoles traditionnels, avec des innovations au menu. Le marché aux poissons, sur le port de pêche, est aussi un équipement structurant qui permet à nos marins pêcheurs, mareyeurs et écailleurs de poissons, d’exercer dans un endroit qui répond aux normes d’hygiène, équipé d’eau et d’électricité et qui s’inscrit dans une logique d’aménagement du territoire inclusif, durable et profitable à l’économie saint- franciscaine.
Quelles sont les perspectives de développement sur ces secteurs ?
Laurent Bernier : Elles sont multiples. Mon équipe et moi réfléchissons à une intégration de ces équipements au renouvellement de l’offre marketing territoriale de Saint-François. Nous pouvons y associer des ateliers, une vie culturelle qui s’inviterait pour accentuer la valorisation du territoire communale et intercommunautaire.
Propos recueillis par MFGE

C’est quoi une Zone Agricole Protégée ?
La zone agricole protégée (ZAP) est un des outils d'aménagement du territoire, visant à mieux prendre en compte la vulnérabilité de certains espaces agricoles. En général, leur préservation présente un intérêt en raison de la qualité de leur production ou de leur situation géographique. Le classement d’une zone agricole en ZAP permet de protéger les terres cultivées de l’urbanisation et de limiter les effets de la spéculation foncière. Son zonage est préparé sous l’autorité du préfet, via un projet de délimitation et de classement proposé par le maire. D’ores et déjà la municipalité s’est engagée sur un diagnostic et une étude d’opportunité afin de définir le périmètre de la ZAP. Le maire a transmis le projet au préfet. Ensuite, il va devoir consulter les organismes agricoles, lancer une enquête publique, attendre l’arrêté préfectoral avant de l’annexer au PLU.

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