04 septembre

La Chambre d’agriculture s’engage pour la Petite Agriculture

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La petite agriculture familiale, modèle rural le plus répandu dans la Caraïbe, très flexible économiquement, présente des atouts importants, en termes d’autonomie et de santé alimentaires, de savoir-faire locaux, de maintien des cultures, des traditions et des paysages… La Chambre d’agriculture de Guadeloupe a parfaitement compris ces enjeux et s’engage pour caractériser, soutenir et promouvoir cette petite agriculture.

La petite exploitation se définit en France par un niveau de Produit Brut Standard (PBS) inférieur à 25 000 €. D’après le recensement agricole de 2010, on compte en Guadeloupe 7 804 exploitations dont la taille moyenne est de 4.5 ha. Entre 70 et 80 % sont de petites exploitations de type familial et, plus de la moitié du nombre total recensé, a un PBS inférieur à 8 000 € (bien en dessous du seuil de PBS de 25 000 €). La Petite agriculture familiale, majoritaire en Guadeloupe comme dans les pays de la Caraïbe, connait une situation économique difficile avec des structures souvent peu aidées.
Tendre dans nos petits territoires insulaires vers une plus grande autosuffisance alimentaire, mieux s’adapter aux changements climatiques, mais aussi développer une agriculture plus proche du concept émergent de bio-économie, en accord avec la transition écologique sont les grandes problématiques du XXIème siècle…
Enjeu particulier de la Petite Agriculture
La Petite Agriculture Familiale a fait l’objet d’un regain d’intérêt au niveau national et international. La FAO a déclaré 2014, « année internationale de l’Agriculture Familiale », et en France, la Loi d’Avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt en fait un enjeu particulier dans sa déclinaison pour les territoires d’Outre-Mer, notamment du fait des enjeux concernant la double performance économique et environnementale définis dans le pacte agro-écologique (S.Le Foll). Cette agriculture, qui valorise souvent des espaces difficiles, joue un rôle clé dans l’aménagement des espaces ruraux et périurbains en préservant notamment la typicité de certains paysages. Elle cultive des savoirs et des savoir-faire agro-écologiques (jardin créole, polyculture-élevage, biodiversité agricole : jusqu’à 22 espèces d’animaux et de végétaux sont parfois présents sur les petites exploitations). Elle mobilise en priorité la main d’œuvre familiale et joue un rôle non négligeable dans la sécurité alimentaire à travers les pratiques d’autoconsommation, l’alimentation des circuits courts...
Trans’Act pour une vision à l’échelle de la Caraïbe
En Guadeloupe, plusieurs partenaires de la Chambre d’Agriculture, comme les organisations professionnelles agricoles, la recherche (Inra, Inra FormaSciences), la formation (Lycée Agricole Eplefpa,), les collectivités locales (Région, Département), AgroparisTech, le GDA Eco Bio, le Réseau d’Innovation et de Technologie Agricoles (RITA) et les services d’Etat (DAAF), se sont mobilisés autour de la petite agriculture familiale face aux enjeux d’avenir. Un séminaire-atelier, le Trans’Act, a réuni du 1er au 5 février 2015, des invités des Antilles françaises et de la Caraïbe.

Par rapport à la diversité des exploitations et à la multifonctionnalité de l’agriculture insulaire, ce rendez-vous a permis de clarifier la situation de la petite agriculture familiale aux Antilles et d’initier une démarche cohérente d’appui et d’insertion de cette agriculture dans le développement régional. Le projet s’est inscrit pleinement dans la volonté d’accompagnement de la petite agriculture familiale soutenue par la Chambre d’Agriculture et l’Inra aux Antilles, mûrie lors de la préparation de la Loi d’Avenir et annoncée lors du Salon de l’Agriculture 2014.
Le Président Sellin lors du séminaire de clôture du Trans’Act s’est exprimé en ces termes : « Nous avons une vision plus qu’agricole, nous avons une vision qui est aussi du territoire. Nous pensons qu’aujourd’hui, l’agriculteur Guadeloupéen est un homme responsable des visions du développement de ce territoire. Nous devons donc participer à la création de la croissance, nous estimons que l’agriculture peut être pourvoyeuse d’emplois ».

Mieux définir les besoins

Une identification des besoins a été posée ainsi que des propositions de solutions techniques.
Ce projet a exprimé le potentiel de services et de productions que peut fournir la petite agriculture familiale dans les territoires ruraux, par le maintien de leur population active, par le développement d’un tissu économique en lien avec les objectifs affichés par les acteurs de l’action publique, comme la Région Guadeloupe, dans les programmes opérationnels (FEADER 2014-2020) et notamment la mesure 6-3 du PDRG. La Chambre d’agriculture de Guadeloupe a d’ailleurs participé au groupe de travail institution et collectivités, qui a permis la mise en œuvre de cette mesure qui concerne l’aide au démarrage d'entreprise pour le développement des petites exploitations.

La Chambre d’agriculture a contribué financièrement au Trans’Act (10 000 euros), mais aussi en prenant une part active aux ateliers, en planifiant les visites sur le terrain, en animant des réunions de quartier pour sensibiliser en amont les acteurs et agriculteurs concernés, en présentant les résultats lors du comité de pilotage national au SIA 2015, ainsi qu’une note d’orientation stratégique sur la Petite Exploitation Agricole Familiale et Agro-écologique de Guadeloupe (PAFAG).

La Chambre d’agriculture s’engage activement

La Chambre d’agriculture a fourni depuis le SIA 2016, une analyse sur la caractérisation de la PAF au sein du groupe de travail outre-mer (GTOM PAF) : inventaire des pratiques d’accompagnement et déclinaison des outils, des dispositifs et des approches adaptés à chaque DOM pour l’accompagnement de la PAF ; benchmarking international sur les initiatives prises en faveur de la petite agriculture familiale en général et du développement agro-écologique de petites surfaces de production agricole en particulier : jardin créole, permaculture, cultures sous abri, agriculture urbaine ou périurbaine (Organoponicos à Cuba), etc.
La Chambre d’agriculture participe et nourrit la réflexion dans les réseaux d’experts et de scientifiques (Dephy expe programme ecophyto, Rita, projet en PO-FEDER avec Inra…). Elle propose également un accompagnement technique sur le terrain pour des agriculteurs volontaires sur la nouvelle posture agro-écologique (soutien des agriculteurs engagés dans un projet pluriannuel de modification ou de consolidation de leurs pratiques en visant à la fois des objectifs économiques, environnementaux et sociaux au travers des GIEE (Groupements d’intérêt économique et environnemental).
La Chambre d’agriculture a mis en place une étude sur les circuits courts, afin d’étudier les débouchés et mise en marché. Mais a également porté le projet «Prospective agricole Guadeloupe 2040 », afin de développer des scénarios et de définir les trajectoires pour les atteindre.

 

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