08 avril

La vanille de la Grande Habituée

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C’est, nichée au fond de la campagne de Cacao à Sainte Rose, que se trouve la vanilleraie de la famille Laborieux. Monsieur et Madame y consacrent désormais toute leur énergie, dispensant à ces plantes subtiles et à la transformation de leurs gousses, autant de soin que d’amour… et ça se voit !


VANNILLE1Natacha est maîtresse de maison à la MFR de Sainte Rose, quand intervient son licenciement. Elle se décide alors à développer la culture de la vanille. Nous sommes en 2005 et le Syaprovag fait un plan de relance de la vanille de Guadeloupe. L’ONF met à la disposition des producteurs, du foncier forestier. Des formations sont proposées.
Le couple Laborieux commence donc l’exploitation de sa vanilleraie sur un hectare de terres de l’ONF qu’il défriche et valorise. La vanille est une plante qui implique des soins très techniques mais aussi en amont, beaucoup de patience et un équilibre financier longtemps précaire. En effet, la première production ne peut au mieux intervenir que 4 à 5 ans après la plantation.
De la forêt au plein champ
La vanille de plein champ étant plus rentable que la vanille de forêt du fait notamment de sa pousse plus rapide, la famille laborieux quitte les terres de l’ONF et s’installe sur un terrain privé d’une superficie équivalente (1ha). Le glycéridia sert de tuteur pour la vanille, et d’ombrière à la période chaude et sèche, protégeant la plante de la déshydratation. A partir d’août-septembre, les glycéridias sont taillées pour faciliter l’ensoleillement. « La vanille est une orchidée complexe qui a besoin de soleil et d’eau, mais bien dosés, explique Hervé Laborieux. Quant au glycéridia, il accepte bien la taille et ses feuilles peuvent aussi être récoltées et mises à macérer ».
Pour un kilo de vanille séchée, il faut 5 kilos de vanille verte. La production de l’entreprise Laborieux est de 60 à 80 kilos par an, avec d’importantes fluctuations en fonction des conditions climatiques. 2016-2017 ne s’annonce d’ailleurs pas très bonne. « C’est une culture manuelle, très technique, difficile et exigeante, mais entièrement biologique où nous n’utilisons ni intrants, ni engrais (compostage, déchets organiques, paillage), précise Hervé Laborieux. Les fourmis manioc sont le plus grand prédateur car elles mangent les fleurs. Nous faisons aussi appel à des remèdes de grand-mère (graines, pain, marc de café, chair de calebasse) pour les repousser naturellement ».
Du temps, de la précision, de la technique
L’intérêt est d’obtenir des gousses de bonne taille, 20 à 22 cm. « Nous apprenons sur le tas. Les anciens, eux, savaient. Ainsi, moins on féconde de fleurs sur un balai, plus les gousses sont grosses (6 à 8 gousses par balai). On féconde les fleurs entre 5h30 et 11H30 grand maximum, après il fait trop chaud et la fleur se referme. J’ai ici deux à trois mois de fécondation : de fin mars à fin juin juillet, parfois jusqu’en août. On passe de la fleur à la gousse verte à sa taille normale en deux mois et il faut encore compter 7 mois pour avoir une gousse à maturité, c’est-à-dire vert-clair jaune ».
Le couple Laborieux qui désormais consacre tout son temps à la vanille a dû faire des sacrifices, surtout depuis que Hervé a quitté son emploi dans le bâtiment. La recherche de rentabilité est bien le moteur de l’entreprise, question de survie ! Et cette rentabilité, en l’absence de volumes suffisants pour travailler avec des grossistes, est cherchée dans l’agro-transformation.
« Nous avons lancé des produits d’agro-transformation depuis deux ans sous la marque « La Vanille de la Grande Habituée », explique Natacha Laborieux : vanille en poudre, sucre vanillé, mélange d’épices « Terre et Feu », huile aromatisée à usage culinaire, vinaigre, liqueurs, planteurs… Pour les fêtes en 2016, nous avons lancé la confiture de nèfle, crème de nèfles. Bien sûr nous trouvons nos débouchés sur les marchés, mais plus encore dans les boutiques et épiceries fines ou encore dans des coffrets pour les touristes. Car la Vanille est un produit de luxe. La vente se développe, désormais les touristes recherchent la vanille de Guadeloupe. Mais c’est un travail de longue haleine, pour éduquer le consommateur à reconnaitre cette vanille ».

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